Photo au grand angle

Nov 29, 2022/ StephanePhotographe/ in: Technique photo/ with Comments are off for this post

L’art d’utiliser une courte focale

Savez-vous ce qu’est un objectif de courte focale ? A quoi il sert ? Pourquoi et quand l’utiliser ? C’est ce que nous allons voir dans cet article consacré à l’objectif de courte focale ou autrement dit le grand-angle. Lisez la suite pour découvrir ses particularités…

C’EST QUOI UNE COURTE FOCALE ?

La longueur focale (ou la distance focale) est la distance en millimètres qui sépare le centre de l’optique et le foyer (capteur ou pellicule). Une focale standard correspond, grosso-modo, à la diagonale du format utilisé. Pour le format 24×36 mm (ou film 35mm dit « plein format ») on obtient une valeur de 43 mm (arrondie à 50 mm). La longueur focale d’un objectif est communément communiquée pour une équivalence 24×36. De ce fait l’utilisation d’un appareil photo équipé d’un plus petit capteur de type Aps-C, Aps-H, Micro 4/3… réduit le champ couvert par l’objectif. Un coefficient ( x1,3 / x1,5 / x2…) s’applique, selon la taille du capteur, pour obtenir une longueur focale équivalente (et pour les objectifs compatibles). Ainsi un objectif de 35 mm correspond à un 50 mm avec un appareil équipé d’un capteur APS-C au coefficient de recadrage x1,5.

Une courte focale est donc d’une longueur inférieure à 50mm, équivalent 24×36. Nous pourrions parler de l’angle de champ qui s’élargit au fur et à mesure que la longueur focale diminue. La vision à 180° et plus est donnée par une courte focale extrême, dont l’image peut-être circulaire. C’est le fisheye ou « l’oeil de poisson ». Pour simplifier on peut considérer qu’un objectif d’une longueur focale de 28mm (équivalent 24×36) est la porte d’entrée de la photo au grand-angle.

photographier au grand angle

LES PARTICULARITÉS DE LA COURTE FOCALE

1- LA PERSPECTIVE

L’objectif grand-angle exagère les fuyantes et l’espacement des plans. Un portrait pris de prêt avec un objectif de 20 mm ou de 18 mm ressemblera à une « vilaine » caricature avec des déformations disgracieuses. Il vous faudra choisir votre point de vue avec soin.

2- LES DÉFORMATIONS

Plus la focale est courte, plus les lignes droites situées sur les bords seront courbées (en forme de barillet). A l’intérieur d’une pièce, les murs prendront une drôle de tournure. Vous pourrez soigner l’esthétisme ou jouer avec cet effet.

3 – LA QUALITÉ OPTIQUE

Comme tout objectif, le grand-angle est sujet à des défauts optiques. On notera la tendance au vignetage (les 4 coins de l’image plus sombres) en photographiant un ciel uni à pleine ouverture.

On remarquera que la présence d’un profil de correction automatique présent, selon l’objectif, dans la plupart des logiciels de retouche évolués (ou des corrections appliquées à l’image JPEG depuis le menu de l’appareil). Le vignetage, la distorsion, l’aberration chromatique peuvent être aisément corrigés.

Urbex : photo réalisée avec un objectif Nikon AF DX Fisheye-Nikkor 10,5mm F/2,8G ED (équivalent 15mm). A gauche avec le rendu caractéristique du fisheye, à droite après application de la correction de profil dans Lightroom, avec un recadrage contraint et inévitable.

4- LA NETTETÉ

En embrasant un champ plus large zone de netteté d’un objectif grand-angle est accrue. On parle d’une plus grande profondeur de champ.

5- L’EXPOSITION

Avec un champ de vision plus large, l’exposition est sujette à la variation selon le cadrage, surtout avec la mesure de lumière multizone, intégrale, globale… C’est le cas si vous photographiez un paysage avec une bonne partie de ciel lumineux ou de sol sombre. Vous apprendrez à maîtriser l’exposition en changeant au besoin votre mode de mesure de la lumière.

6- LA COMPOSITION

Composer l’image est plus délicat avec un grand-angle. Il est plus difficile de conduire le regard et de meubler les espaces vides. Trouver un avant-plan intéressant tout en mettant en valeur le sujet principal demande plus d’attention.

7- LE FLARE ET LE PARE SOLEIL

Le pare soleil diminue les reflets parasites sur la lentille frontale de l’objectif et il joue également un rôle protecteur pour la lentille frontale. Avec sa forme échancrée, il convient de respecter son bon positionnement. Le flare diminue le contraste de l’image ou se traduit par des taches de lumière dans les lentilles internes. Le grand-angle est particulièrement sensible au flare et il est parfois difficile de cacher les reflets parasites, voire impossible en contre-jour ou semi-contre-jour. Lorsque cela est possible l’astuce consiste à cacher la source des reflets en plaçant sa main ou un petit carton noir hors champ de visée.

8- LA MISE AU POINT

Même si vous privilégiez une grande profondeur de champ, vous devez réaliser une mise au point précise. Avec la mise au point automatique (Auto Focus, AF), il peut être utile de choisir son collimateur pour réaliser la miser au point sur l’avant plan ou sur le sujet.

9- LA STABILISATION

L’utilité de la stabilisation sur une courte focale fait débat. Si elle n’est pas indispensable, c’est surtout une question de budget et de rapport qualité-prix qui se pose au moment de l’achat de l’objectif.

10- LES FILTRES

Le montage de filtres peut s’avérer compliqué ou inadapté. Il existe des filtres vissant à monture fine pour les objectifs grand-angle et des supports spéciaux pour filtre carré ou rectangulaire. La polarisation sera rendue plus difficile car mois uniforme sur l’ensemble d’un ciel bleu non uni.

Photo réalisée avec un objectif 18mm, équivalent 27 mm 24×36, 1/8s – f/8 – 200 ISO

DANS QUELS DOMAINES PHOTO UTILISER LE GRAND ANGLE ?

Le paysage : Parce qu’il englobe plus d’espace, c’est naturellement au paysage qu’on associe l’usage du grand-angle. Le plus difficile est de trouver le bon point de vue pour disposer tous les éléments de la composition dans le cadre en évitant les grandes surfaces vides de tout contenu. L’objectif grand-angle reste idéal pour les grandes étendus fleuries, les ciels tourmentés…

Le sport : L’usage du grand-angle dynamise les photo de sport. Certaines photos sont obtenues en télécommandant l’appareil à distance. Vous trouverez des exemples ici : https://www.regardsdusport-vandystadt.com/

Le reportage : Si vous souhaitez donner un style immersif à votre reportage, montez un objectif grand-angle sur votre boîtier. L’angle de champ élargi permet de situer votre personnage dans son contexte. Vous devrez aussi aller au contact de votre sujet. Avec une courte focale, on peut même déclencher au jugé, sans à avoir à coller son œil derrière le viseur, ni même utiliser le live view. Vous trouverez des exemples d’utilisation du grand-angle en reportage dans les magazines comme le National Geographic https://www.nationalgeographic.fr/

La macro : Voici un domaine où on ne s’attend pas à utiliser un grand angle. C’est pourtant l’objectif qui offrira les plus forts rapports d’agrandissement selon la technique utilisée (bagues allonges, objectif inversé…), à condition de travailler au plus près du sujet.

L’animalier : C’est un autre domaine où l’utilisation du grand-angle reste une exception. Sauf à pratiquer la photo animalière dans des régions éloignées où l’on peut approcher les animaux, l’utilisation d’un grand-angle suppose l’utilisation de dispositifs de déclenchement à distance ou d’un piégeage photo. Cela offre de nouvelles perspectives, mais aussi quelques connaissances de son sujet.

L’astrophotographie : Voici un domaine associé à la photo au grand-angle. Une plus courte focale permet d’englober la voie lactée et de travailler avec des temps de pose plus long.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise utilisation d’une courte focale. Il vous faudra tirer parti de ses particularités pour donner du caractère à vos images. Choisir de photographier avec une courte focale relève d’un choix philosophique.


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