La photographie de reptiles et d’amphibiens est peu prisée des photographes animaliers. Si les grenouilles se prêtent à quelques images artistiques, les reptiles sont pour la plupart d’entre nous invisibles et inconnus, surtout dans le nord de la France. Entre milieu sec et milieu aquatique l’aventure photographique est aussi complexe que variée. Voici un tour d’horizon du sujet.


PHOTOGRAPHIER LES REPTILES ET LES BATRACIENS

On peut dire que les reptile et les amphibiens sont les « mal aimés » de la photographie animalière, à de rares exceptions prêt. Ce sont des animaux à sang froid que l’on rencontre, dans la nature, de la fin de l’hiver à l’automne (au nord de la Loire).

photographier les reptiles et les amphibiens

PHOTOGRAPHIER LES REPTILES

La méconnaissance des reptiles est souvent à l’origine de fausses idées. En France, certaines espèces seulement sont venimeuses. Ici il ne s’agit pas de capturer les animaux dans le but de réaliser une photographie sans connaissance préalable. Vous rencontrerez la majorité des serpents dans les milieux secs et caillouteux, là où ils aiment prendre un bain de soleil. Pour autant, fuyez la canicule et sortez par un matin ensoleillé de printemps. Rentrer dans l’intimité des serpents suppose une longue approche et de la persévérance. On les voient le plus souvent s’enfuir devant nous. Ils ont une excellente vue et ils sont sensibles aux vibrations du sol. Observez les éboulis rocheux, les vieux murs, les coteaux bien ensoleillés à la jumelle. Le mimétisme et l’immobilité des serpents les rend difficile à trouver. Préparer votre matériel à distance et tentez une approche. On utilise en général un petit ou un moyen télé (200 à 300 mm).

La couleuvre verte et et jaune est une excellente grimpeuse capable s’enfuir, de chasser ou de dormir dans des arbrisseaux. La couleuvre à collier nage avec aisance et elle vit à proximité de l’eau.

Les lézards s’observent pendant la chasse ou la défense d’un territoire. Leurs déplacements sont rapides. Le bain de soleil est un moment à privilégier pour la prise de vues. L’orvet fragile se dissimule dans la végétation du sol et il rarement visible à découvert.

D’allure plus tranquille la tortue terrestre se laisse plus facilement photographier. La cistude (tortue aquatique) aime se chauffer sur un promontoire au dessus de l’eau et elle saute dans l’étang à la moindre alerte.

PHOTOGRAPHIER LES AMPHIBIENS

Autrefois appelés les batraciens les anoures sont des animaux dépourvus de queue à l’âge adulte, ce sont les crapauds et les grenouilles. Les urodèles sont pourvus d’une queue à l’âge adulte, ce sont les tritons et les salamandres. L’amphibien a besoin d’eau ou d’humidité pour vivre et se reproduire. Son développement passe par l’œuf (ou la viviparité), la larve et plusieurs phases conduisant au stade adulte. Tout le monde connaît le cycle du développement du têtard. Les amphibiens se sont développés au fil du temps avec des surprenantes capacités d’adaptation. Les mœurs des amphibien sont principalement nocturnes même si la grenouille verte aime coasser et se montrer en pleine journée. C’est souvent à la lampe torche et à la tombée de la nuit qu’on observera les anoures gagner la mare ou l’étang tout proche où ils sont nés. A partir de fin février de nombreux crapauds et grenouilles périssent en traversant la route qui les mènent à leur lieu de reproduction. Certaines routes sont fermées à la circulation durant cette période.

La salamandre sort volontiers après une petite pluie et les tritons vivent cachés dans les herbiers des mares.

UTILISER LE FLASH ?

Si l’exposition au flash a été simplifiée en mode TTL, il reste difficile d’appréhender les reflets sur la peau brillante des grenouilles. Diffuser et déporter le flash est une bonne solution. Il reste à faire correctement la mise au point à l’aide d’une lampe. Les éclairages à leds sont indispensable à la vidéo. Avec la montée en ISO il est possible de s’en servir pour la prise de vues photo.

Même s’il s’agit d’animaux peu farouches qui se laissent attraper à mains nues ou à l’épuisette, la capture et la manipulation temporaire est soumise à la réglementation en vigueur. Le photographe qui souhaite aménager un studio dans le fond de son garage avec un aquarium ou une flaque artificielle doit s’assurer de disposer des autorisations de transport (espèces protégées ou relevant de l’activité de pêche) et d’être capable de relâcher l’animal au plus tôt là ou il l’a capturé. Certaines images documentaires ont été obtenus dans ces conditions sans nuire à la reproduction de l’espèce concernée. Sachez que chaque espèce montre une attitude différente face au danger. Il ne s’agit nullement d’encourager cette pratique pour le débutant en herpétologie.

L’heureux propriétaire d’un jardin pourra aménager un petit bassin. Il est utile de cartographier les zones humides : sablières, gravières, mares et étangs. Google maps ou géoportail sont des outils de référence. Pour connaître la répartition et le statut d’une espèce il faut consulter les atlas régionaux ou le site de l’ INPN. Vous découvrirez que le crapaud sonneur à ventre jaune est plus fréquent dans l’est de la France et qu’il fréquente les ornières forestières.

La prise de vues en pleine nature est difficile mais rendue possible avec du matériel adapté. Le grand angle ou le petit télé (jusqu’à 200mm) sont utilisés. L’ appareil peut être piloté et télécommandé à distance en Wifi, semi immergé dans un bac en verre ou sous l’eau pour un appareil étanche. Le photographe peut s’allonger au bord de la mare. S’introduire dans l’eau avec des waders n’est pas sans conséquence pour la perturbation du milieu et des pontes visibles (amas d’œufs flottants) ou invisibles (cordons d’œufs ou œufs accrochés aux plantes aquatiques). Ne saccagez pas tout à votre passage.

Photographier les grenouilles est certainement plus productif que de trouver des serpents dans leur milieu naturel.

Je n’aborde ici que la prise de vues de reptiles sauvages rencontrés en France et en pleine nature, car le sujet est vaste avec de nombreux élevages réglementés chez-nous.

Découvrez des photographies de Matthieu Berroneau http://www.matthieu-berroneau.fr/ qui propose une belle collection de photos d’amphibiens.

Celles de Christophe Salin http://christophesalin.com/ avec des batraciens d’Europe réalisées sous l’eau et des reptiles.

Puisque nous sommes la tête sous l’eau, je ne manquerai pas de citer Michel Loup https://www.michelloup.com/ pour ses photos de poissons d’eau douce, avec quelques batraciens.

Mais aussi Rémi Masson https://www.remimasson.com/ avec un travail sur le crapaud commun.

Avec « Image rivière » http://image-riviere.com/ Yannick Gouguenheim présente une belle série sur les tritons.

Les photographes de reptiles et plus particulièrement de serpents sont souvent connus pour leurs images réalisées à travers le monde.

Les photographes Franck Deschandol et Philippe Sabine ont photographié de nombreux reptiles sur les différents continents : https://frank-deschandol.com/

Le photographe Paul Starosta a fait de la photo de reptiles en studio sur fond noir une de ses spécialité : https://www.paulstarosta.com/

Le voyage au cœur des reptiles ne fait que commencer mais peut être en serez vous mordu ou en ferez vous votre spécialité.

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