Le monde de la photographie numérique véhicule un certains nombre de rumeurs ou de pratiques qui n’ont pour justification que des habitudes issues de l’argentique ou des débats techniques sans réels fondements. Le vrai du faux décortique ce qui peut-être retenu de ces techniques et de ce que l’on peut en faire.

Vraies et fausse pratiques en photo

LE VRAI DU FAUX

Il ne faut jamais mélanger deux éclairages de TC différente

Vous connaissez la TC ou la température couleur qui donne une teinte à l’éclairage ? La balance des blancs est capable de rendre la neutralité d’un éclairage donné. En présence de deux éclairages aux TC différentes il sera difficile de s’y retrouver. Rompre l’harmonie des éclairages peut devenir une source de créativité. Les strobeurs s’amusent à placer des filtres de différentes couleurs sur leurs flashs pour créer des ambiances psychédéliques. Le mélange des couleurs, avec des éclairages aux TC variées, est flagrant avec les paysages urbain nocturnes. C’est ce qui fait leur particularité. Tous les conseils commençant par « Il ne faut jamais… » sont généralistes et vous pourrez vous amuser des complémentarités ou des oppositions offertes par des éclairages différents, qu’ils soient artificiels ou naturels. Bien sur la retouche numérique offre encore plus de souplesse avec la possibilité de « braketer » la valeur de TC et de combiner les images en utilisant les masques de fusion. La retouche localisée permet de réchauffer par ici ou de refroidir par là, sur une zone, sur des tons clairs, sur des tons sombres…

 

S’il y a un domaine où la température couleur n’a pas d’effet direct sur l’image, c’est bien avec l’image en noir et blanc.

Il faut faire ses photos en RAW

On vous a dit et redit que le format RAW était le summum pour tirer le meilleur parti de la dynamique et des couleurs de l’image; c’est vrai. Mais le format RAW n’est pas universel et il demande à être « développé » pour être 100% optimal. Il s’intègre dans un flux de production singulier. De nos jours, le format JPEG est loin d’être le parent pauvre de la prise de vue. La dynamique des capteurs a évolué et le traitement interne au boîtier est plus évoluée. Logiquement le choix du « RAW » devrait être réservée aux cas les plus difficiles de lumière ou en prévision de retouches plus poussées. Son gros avantage est de permettre de fixer la balance des blancs en post-production. Le JPEG est d’un usage rapide et simplifié pour peu qu’on s’exerce à exposer correctement ses photos et à adopter les bons réglages comme la balance des blancs. Il donne accès aux modes scènes avec des rendus optimisés. C’est un format plus léger et facile à stocker et à lire. Si vous voulez vous concentrer uniquement sur la prise de vues… Choisissez le JPEG sans hésitation ! Certains recommandent de choisir l’option d’enregistrement « RAW+JPEG ». Celle-ci trouve une justification si vous souhaitez gérer un double flux de production où l’image JPEG serait directement destinée au partage (sur les réseaux sociaux par exemple). C’est aussi une bonne solution pour vous exercer à la retouche, non pas pour approcher coûte que coûte l’image au rendu JPEG mais pour voir ce que vous pouvez obtenir, de mieux ou de différent. L’usage d’un double slot pour l’enregistrement sur deux cartes mémoires facilite le travail. Le prix abordable des espaces de stockage de grande capacité, la « facilité » et la rapidité des solutions logicielles plaident en faveur du format RAW. Mais travailler uniquement en Raw vous obligera certainement à utiliser un logiciel spécifique et à le mettre à jour régulièrement.

La charte de gris ça ne sert à rien

J’aurais pu écrire « les » chartes de gris ne servent à rien. Il y a en effet le gris neutre à 18% dont les amateurs de photo argentique connaissent bien l’usage pour gérer l’exposition. Il y a aussi la charte de gris qui sert pour étalonner la balance des blancs en photo numérique. La première n’est pas utile pour la prise de vue numérique. La visualisation en temps réel dans le viseur électronique, l’affichage des hautes lumières brûlées et la lecture de l’histogramme sont les outils bien plus simples et pertinents pour gérer l’exposition. Quand à la charte de gris pour le réglage de la balance des blancs en post-production, elle n’intéressera que quelques photographes souhaitant contrôler l’exactitude colorimétrique de leurs prises de vues avec un éclairage contrôlé. Pour la plupart des sujets la balance des blancs peut être fixée à partir un fichier RAW lors du « développement » de l’image. Donc oui, dans la plupart des cas, l’usage d’une charte de gris ne sert à rien.

Pour faire une belle photo, il faut du bon matériel

Si on considère que 90% du contenu d’une image ne relève ni de la technique ni du matériel utilisé, on en déduit que ce n’est pas le matériel qui fait l’image mais bien le photographe. Les meilleurs outils de bricolage ne feront pas de vous un super bricoleur. Le rêve du matériel inaccessible vient souvent du fait que l’équipement d’un kit de base convient à tout et à rien en particulier. Investissez dans un 50 mm à f/1,8 (très abordable) et vous comprendrez la différence ! Bien souvent le photographe se spécialise dans un domaine (paysage, portrait, studio, macro, animalier, architecture…) et il trouve l’outil qui lui va bien; celui qui lui permettra de mieux traduire son regard. Il s’équipe progressivement d’outils plus ou moins perfectionnés selon sa propre expérience. Le photographe de sport ou animalier misera sur un autofocus rapide, tandis que d’autres se contenteront d’une photo de paysage  prise au smartphone. Qui aura réellement besoin de 50 Mpx ou plus, s’il ne pratique jamais le recadrage ou l’agrandissement photo ? Lors des mariages, en tant que photographe, j’entends souvent cette remarque :  « C’est du beau matériel, ça doit faire de belles photos ! ». Si on oublie toute la démarche et le travail de style que cela demande, cela prête à sourire. Il est encore vrai qu’un petit appareil ne fait pas « pro » aux yeux du grand public. Comme il n’existe pas un matériel universel, cherchez déjà à tirer profit du votre avant tout et à exercer votre regard.

Le filtre paysage ça ne sert à rien

Avec toutes les possibilités de retouche on peut se demander pourquoi utiliser un filtre paysage. Si l’utilisation d’un filtre n’est pas indispensable à la réalisation d’une belle photo de paysage, il peut apporter du caractère à votre image. L’effet du filtre polarisant et du ND (gris neutre) ne peut guère être reproduit en dehors de la prise de vue. Celui du dégradé gris peut être compensé avec un pseudo HDR avec au minimum deux images exposées différemment ou en partie « absorbé » avec une image RAW exposée correctement. L’important dans tout cela n’est pas votre matériel mais la façon dont vous voyez les choses, le rendu que vous voulez apporter à l’image. Ca ne sert à rien d’avoir toute une panoplie de filtres dans le fourre-tout pour ne pas s’en servir le moment venu. L’école de la photo de paysage nous enseigne la contemplation et la patience. Imaginez-vous la quiétude d’un lieu. L’appareil fixé sur un trépied vous analysez la scène photographiée avec son cadrage et vous anticipez le rendu de l’image en plaçant le bon filtre sur l’objectif. L’image est d’abord dans vos yeux et vous révélez la beauté du moment avec une interprétation photographique personnelle.  Le plus difficile est de trouver une justification à l’effet et un rendu naturel.

Fermer de deux diaphs c’est mieux

On entend dire qu’il faut fermer de deux valeurs de diaphragme pour avoir la meilleure qualité optique. Alors vrai ou faux ? On constate qu’utiliser le centre de l’objectif augmente le piqué sur les bords de l’image et limite le vignetage. Trop fermer produit une diffraction. Les meilleurs objectifs ont longtemps été des focales fixes , lumineuses et chères, profitant d’un traitement spécial de lentilles. Aujourd’hui la couverture de l’objectif et le bokeh obtenu dépend de la conception de l’objectif, de son montage sur un boîtier APS-C ou plein format et de sa définition. Du fait du déplacements de groupes de lentilles, le zoom aura généralement une ouverture et une focale procurant le meilleur piqué sur l’ensemble du champ photographié. L’aberration chromatique peut aussi venir perturber la netteté des contours. Les mesures en labo mettent en évidence les faiblesses de l’objectif, pas forcément handicapantes sur le terrain. Certains défauts sont corrigés par les logiciels selon un profil d’objectif connu. La notion de piqué est également liée au contraste ou au micro contraste des contours ou être affecté par l’aberration chromatique. On peut aussi s’interroger sur l’utilité d’acheter un objectif ouvrant à F/1,4 lorsqu’une version existe nettement moins cher à F/1,8 (exemple Nikon AF-S Nikkor 85mm F/1.4G vs Nikon AF-S Nikkor 85mm F/1.8G), en se basant uniquement sur le critère de l’ouverture. Travailler avec un petit téléobjectif très lumineux nécessite une mise au point précise et on pourra même contrôler au besoin la présence de front ou de back focus. Le possesseur d’un objectif ouvrant à F/1,4 ou F/2,8 pourra travailler plus confortablement et se payer le luxe de fermer lorsque cela est possible. Avec un objectif ouvrant à F/6,3 autant oublier. La recherche du piqué maximal sur les bords de l’image, ne se justifie pas à tout prix pour toutes les images.

Le grand-angle ce n’est que pour le paysage

Le grand-angle (parlons de focales équivalentes pour le 24×36 comprises entre 18 et 28 mm) a pour effet d’élargir le champ de vision. Il est également connu pour exagérer la perspective selon le point de vue. Réduire son usage au paysage, c’est se priver de possibilités créatives. Jean Louis SIEFF est connu pour avoir réalisé des nus aux corps allongés par l’usage d’un objectif grand-angle (un Leica Super-Angulon de 21 mm). L’objectif grand-angle peut être apprécié dans la mode, pour l’architecture ou la prise de vue de certains intérieurs. Avec un ultra-grand angle il est important de remplir les surfaces exagérément grandes comme le sol ou le ciel. De plus il faut se rapprocher de son sujet pour qu’il soit suffisamment présent. La courte distance de prise de vue peut-être inconfortable du fait de la proximité avec le sujet. Nous avons certainement tous vu des photographies de lions ou d’autres animaux dangereux photographiés au grand-angle. L’appareil était placé sur un véhicule radio commandé ou fixé sur une perche pour approcher le sujet. On peut aussi apprécier l’objectif grand-angle en reportage urbain pour son côté immersif. En macro le grand-angle permet de plus forts grossissements, c’est la focale utilisée par les bridges, compacts ou smartphones. Mais attention à la très courte distance de prise de vue qui oblige à coller au sujet augmentant les risques de reflets ou d’ombre.

Si vous pensez qu’un paysage ne se photographie qu’au grand-angle, vous vous privez également de l’usage d’un téléobjectif qui permet d’aller chercher des détails ou d’augmenter les effets de brume. Vous l’aurez compris, le choix de la focale utilisée est tout aussi important que les réglages fondamentaux de la prise de vue pour le rendu esthétique de l’image. Il y a certainement plus de 7 raisons d’utiliser un objectif grand-angle et le bon usage est celui que vous en ferez, en toute connaissance de causes.

La profondeur de champ n’est qu’une histoire d’objectif

On vous l’a démontré à l’aide de calculs savants : la profondeur de champ varie selon la focale, oui mais… La profondeur de champ est une notion compliquée dépendante de plusieurs paramètres. Elle tient à la distance de prise de vue, au choix de l’ouverture, à l’espacement des plans et d’un point de vue esthétique des éléments contenus dans l’arrière plan. Sans compter que la taille du capteur influe sur la perception de cette profondeur de champ. L’avantage étant donné au capteur plein format qui procure une profondeur de champ plus progressive et plus douce. Si nous prenons l’exemple classique où le photographe change de focale en gardant le même point de vue pour obtenir un cadrage différent, alors oui la profondeur de champ varie de façon spectaculaire du fait du grossissement de l’objectif. Prenons l’exemple d’un photographe qui utilise une focale plus grande mais qui obtient le même cadrage en s’éloignant du sujet, la profondeur de champ reste identique.

Pour conclure, la profondeur de champ est une des composantes les plus difficiles à maîtriser pour le photographe débutant. Plusieurs facteurs influent sur le flou d’avant plan ou d’arrière plan. Pour autant, avec la photographie numérique, il est facile de visualiser la zone de netteté sur l’écran sans avoir recours au testeur de profondeur de champ à l’usage délicat. Ne misez pas tout uniquement sur le choix de la focale d’autant plus que l’utilisation de bonnettes, de bagues allonges, d’un objectif macro ou d’un multiplicateur de focale peut modifier la donne.

Le filtre protecteur, un leurre ?

Certains photographes s’évertuent à recommander le filtre UV en guise de protection ultime et permanente. Décortiquons le vrai du faux.

Non : Le filtre UV ne vous sera d’aucune utilité en cas de chute de votre objectif et il ne le sauvera pas de la casse. Pour un usage ordinaire, le pare-soleil et le bouchon d’objectif protègent votre lentille des frottements et des rayures. Un bon entretient de l’objectif limite les dégâts avec un dépoussiérage de la lentille frontale avant tout nettoyage. Dans ces conditions à quoi bon équiper son objectif d’un superflu inutile, coûteux et inutile en terme de qualité d’image avec des risques de reflets supplémentaires ? N’utilisez pas de filtre UV pour photographier à contre-jour ou la nuit !

Oui : l’utilisation du filtre UV est recommandé lorsqu’il y risque de projection (sable, sel, boue, farine…). Vissez ce filtre protecteur si vous embarquez sur un voilier avec des risques d’embruns, si vous photographiez une course de moto-cross ou de VTT, une fête animée comme un carnaval avec des projections… Vous pourrez également protéger votre appareil avec un sac plastique.

Remarquez que j’ai cité le filtre UV car il est plus neutre que le « Skylight » (légèrement rosé) qui filtre aussi les UV. Si vous devez utiliser un filtre de protection, ne lésinez pas sur la qualité et donc le prix. Enfin l’utilisation du filtre UV ou Skylight est un peut démodée face aux améliorations possibles avec les logiciels de retouche.

Le front et le back focus, mythe ou réalité ?

Le front ou le back focus est un défaut de mise au point qui affecte certains systèmes autofocus des reflex. On parle d’un décalage de mise au point constante selon une combinaison boîtier et objectif. Il affecte tout d’abord des objectifs particulièrement lumineux. Avant d’accuser un défaut matériel réalisez bien qu’un micro réglage de votre appareil répond à certaines exigences de tests et que le décalage se constate avec la réalisation de plusieurs  prise de vues sur trépied, à l’aide d’une mire de contraste, avec un seul collimateur et à une distance raisonnable selon la focale de l’objectif. La technique peut être longue et fastidieuse. Avant de toucher à l’ajustement précis de l’AF, assurez-vous que vos éventuels flous ne soient pas dus à votre méthode de mise au point.

Strobisme ou snobisme ?

Le strobisme apparaît comme un véritable courant artistique pour certains photographes ou comme une simple utilisation du flash déporté pour les autres. La technique est largement abordée dans les forums consacrés au sujet et quelques fabricants se sont engouffrés dans le mouvement pour proposer des kits à des prix prohibitifs et injustifiés. L’origine du strobisme (strobist en anglais) consiste pourtant à acheter le minimum d’accessoires quitte à les inventer au besoin.

A l’inverse de l’utilisation du flash déporté en TTL, le strobisme suggère d’utiliser un flash manuel et d’en contrôler l’éclairage, au besoin, à laide de modificateurs de lumière (modifiers en bon anglais). Les « modifiers » peuvent être des gélatines colorés (simples feuilles d’intercalaires translucides), des caches et des coupe-flux bricolés dans du carton noir, des diffuseurs ou des boîtes à lumière, un snoot (simple cône destiné à limiter la zone d’éclairement du flash), une grille nid d’abeille et bien d’autres inventions maison (passoire, rappe à fromage, stores…).

Le strobisme reste un moyen d’expression où le photographe tente d’apporter un effet particulier avec la lumière du flash. Le résultat donne des images sophistiquées et modernes avec un effet adapté pour les photos de mode. Pratiquer le strobisme c’est expérimenter. Pour commencer partez léger (avec un seul flash par exemple) en apportant votre touche personnelle. Tentez des éclairages les audacieux (par dessus, par dessous, à 90° en contre-jour…). Tout peut y passer du portrait à l’objet, grand ou petit. Amusez-vous à peindre avec la lumière.

Bon à savoir :

  • Le strobeur préfère bricoler ses accessoires et utiliser le flash manuel et contrôler l’effet en variant sa puissance.
  • Le strobeur travaille généralement sur trépied.
  • Tout utilisateur de flash de studio est un strobiste qui s’ignore.
  • Le strobisme peut se pratiquer avec presque toutes les conditions de lumière et surtout les mauvaises.
  • Bien utilisé, le strobisme peut remplacer le HDR dans certaines situations.
  • Le strobeur aime travailler dans des endroits ou avec des ambiances insolites.
  • Trop de strobisme tue le strobisme la technique est donc à manier avec subtilité.
  • La bible du strobisme s’appelle « Lightering 101 » (traduite en français au format PDF) mais la version 102 est plus récente.
  • Le strobisme c’est comme le yoda mais sa force c’est la lumière. Que la lumière soit avec et en toi !
  • Attention à force de penser strobisme on en devient accroc !

En conclusion le strobisme ce n’est pas du snobisme : on aime ou on n’aime pas.

En portrait il faut toujours faire la mise au point sur l’œil…

Voici une affirmation mainte fois entendue, alors vrai ou faux ?

Du point de vue de la composition, l’œil est le point d’intérêt d’un portrait, qu’il soit positionné sur un point fort de l’image ou non. La netteté de l’œil est donc recherchée. D’un point de vue technique et de face, l’œil se positionne à bonne distance pour répartir la profondeur de champ du nez aux oreilles.

Le « toujours » comporte, en photographie comme ailleurs des exceptions. Il reste utile de bien gérer la netteté avec une faible profondeur de champ et donc avec des objectifs très lumineux comme par exemple un 85 mm F/1,8 ou F/1,4. Le gros plan du visage rend possible la mise au point sur l’œil en AF-S (OneShot) et un collimateur sélectif. Les systèmes AF modernes proposent la détection des yeux avec la priorité à l’œil gauche ou à l’œil droit. Plus le photographe réalise un plan lointain ou un plan d’ensemble avec un objectif à ouverture moyenne et moins la règle devient applicable ou essentielle.

Ma conclusion est que mise au point sur l’œil… ce n’est pas systématique !

Une belle photo doit respecter la règle des tiers

Cette affirmation circule largement à travers les sites Web et les différents ouvrages. Tout d’abord la règle des tiers est un principe de composition et non une règle absolue. Elle doit son origine à la peinture et elle dynamise  la composition des images 24×36 ou au rapport 3/2. Le point central d’un rectangle donnant une sensation statique et monotone, il est donc d’usage de décentrer l’élément principal de la composition sur une ligne ou un point fort de cette règle. Mais il existe bien d’autres règles ou méthodes pour varier les compositions : nombre d’or, triangle, diagonale…

Il est heureux que tous les cadrages et que tous les sujets ne répondent pas à une même mise en valeur. Dans certains cas la symétrie, la composition minimaliste où très excentrée seront parfaitement acceptées et justifiées.

En conclusion on peut dire que la règle des tiers est faite pour être apprise et pour se faire oublier, le moment venu.

Il faut imprimer à 300 Dpi

Pour rappel, la résolution d’impression détermine la taille en cm de l’impression selon la définition de l’image (taille en pixels). Notre œil a une résolution proportionnelle à la distance d’observation. A courte distance une résolution est plus élevée qu’à 1 mètre de distance. La résolution finale est également le résultat d’une imprimante et d’un support : papier brillant, texturé ou toile. A cela s’ajoute le fait que l’imprimante n’imprime pas directement des pixels. Disons tout de suite que pour la plupart d’entre nous une résolution d’impression de 240 Dpi reste suffisante pour une observation normale à 30 cm. La « norme » des 300 Dpi est relative; elle est issue du monde de l’imprimerie professionnelle (technique OFFSET et non jet d’encre). A définition égale, la résolution pourra être augmentée pour les petits tirages (disons 600 dpi) et diminuée pour les posters (jusqu’à 200 Dpi ou même moins), en acceptant de ne pas coller son œil au tirage. Pour adapter la résolution au format de sortie, le tireur a la possibilité de ré-échantillonner l’image en réduisant ou en augmentant artificiellement le nombre de pixels de l’image On pourrait passer des heures à vanter les mérites de telle ou telle technique, de tester les différents algorithmes de ré-échantillonnage. Le tireur chevronné trouvera le compromis idéal entre les fameux 300 Dpi préconisés et la capacité à modifier définition et la résolution pour un résultat optimal. Au final le niveau de détail de l’image et les conditions d’observation du tirage conditionnent le choix d’une résolution de sortie. Sur ce point on ne peut que se féliciter que certaines applications ou logiciels gèrent cet aspect de façon automatique et transparente.

Si vous devez gérer la résolution de sortie ne vous en tenez pas seulement aux 300 Dpi !

Plus il y a de pixels mieux c’est

Dans la suite de la résolution on voit qu’une image disposant de beaucoup de pixels offre un meilleur taux d’agrandissement. Rares sont ceux qui dépassent l’agrandissement du 20×30 ou du 40×60 cm. A quoi bon disposer d’un appareil de plus de 24 millions de pixels ? Au chapitre des inconvénients vient la qualité de l’optique utilisée qui doit avoir un meilleur pouvoir séparateur et un piqué homogène au centre comme au bord de l’image. A cela s’ajoute une plus grande précision dans la mise au point et une plus grande sensibilité au flou de bougé. Heureusement les stabilisations de dernières génération sont plus efficaces. Ces optiques sont plus onéreuses. Enfin l’augmentation du nombre de pixels sur un capteur de même taille produit des photosites plus petits, donc moins sensibles à la lumière. Le niveau de bruit doit être plus efficacement contrôlé.

Si vous ne produisez pas des images en très haute définition destinées à être fortement agrandies, l’avantage de la très haute définition réside dans la possibilité de recadrer fortement vos images, ce qui peut être intéressant pour certains domaines photographiques. Remarquez que je n’ai pas mis en avant le poids des fichiers plus volumineux, surtout en Raw. Cela ne sera un véritable handicap que si vous voulez exploiter pleinement une prise de vue en continu et en rafale à cadence élevée. La capacité des stockage des cartes mémoire ou des disques durs ne sont plus vraiment un problème aujourd’hui.

Il ne faut jamais utiliser la fonction l’ISO automatique

La fonction ISO Auto est souvent critiquée à tors ou à raison. Comme tout automatisme cette fonction est utile pour assister le photographe et gagner en efficacité.  Choisir soi même la valeur ISO est le « luxe » du photographe qui travaille dans une situation connue et stable. Lorsqu’il est confronté à des situations de lumière changeantes la fonction ISO Auto revêt tout son potentiel. On reprochera à l’automatisme une forte montée en ISO en cas de faible lumière et donc une montée du niveau de bruit. En fait l’appareil tentera d’utiliser la règle de l’ISO bas tant que possible. De plus il est possible de définir une cible ISO maxi et vitesse d’obturation minimum de sorte à conditionner le comportement de cette automatisme. A vous de fixer les règles ! Vous pouvez toujours comparer les résultats obtenu par la fonction ISO Auto avec votre propre réglage, le but étant d’éviter le flou de bouger avec les prises de vues réalisées à main levée. La fonction ISO automatique reste cependant à proscrire pour réaliser les filés ou avec l’utilisation d’un trépied pour les photos de nuit.

La stabilisation c’est toujours mieux

La stabilisation réduit le risque de flou de bougé avec les photographies réalisées à main levée. Les systèmes les plus récents sont plus efficaces voire automatiques. Il reste cependant conseillé de désactiver la stabilisation avec la prise de vue sur trépied. La stabilisation est obtenue avec un déplacement des lentilles ou le capteur (ou les deux) à haute fréquence. Lors d’utilisation de vitesses rapides la capture risque d’enregistrer cette brève instabilité; il est conseillé de désactiver la stabilisation avec une vitesse d’obturation élevée (disons à partir du 1/1000ème de seconde). Lorsqu’il est possible de contraindre la stabilisation dans le sens horizontal seulement l’utilisation d’une vitesse lente permettra de réaliser un beau filé d’arrière plan. Dans le cadre d’un usage général, la stabilisation est recommandée. La stabilisation sera gérée en fonction de la situation de prise de vue selon que l’on soit un photographe animalier, de sport et d’action ou de studio (avec trépied).

Le 50 mm correspond au champ de la vision humaine

Il est d’usage de dire que l’angle du 50 mm correspond grosso-modo au champ de la vision humaine. Je laisse les experts évaluer la situation, certains dirons que c’est la focale de 45 mm qui correspond le mieux. Il s’agit de la focale pour le 24×36 ou le plein format. En fait le champ de vision varie si vous gardez les deux yeux ouverts ou si vous en fermez un. Il faut ensuite regarder un point fixe car notre œil a tendance à « papillonner » ou à aller chercher un détail dans la scène regardée. Il est donc difficile d’établir une norme absolue. Au mieux vous apprendrez à vous adapter au champ de vision de votre objectif. Quoiqu’il en soit, la focale standard ne provoque pas d’effet particulier sur la perspective ou les déformations. Il faut bien entendu s’adapter au cadre. En dehors du fait qu’une focale de 50 mm fixe est lumineuse, légère et abordable, son usage revêt un caractère d’exercice enrichissant voire indispensable selon certains photographes.

Il faut toujours éviter de sous-exposer ses images

Combien de fois avez-vous entendu « il faut exposer ses images à droite » (sous-entendu de l’histogramme). En effet éclaircir une image en post-production n’apporte que des désavantages : montée de bruit, effet de bandes, couleurs ternes… Certains boîtiers sont par ailleurs « calés » en légère surexposition dans ce but. Oui mais… l’exposition participe au processus de création de l’image et il existe des cas de figure ou la sous-exposition donne l’ambiance générale à l’image : low key, contre-jour etc… Enfin l’histogramme est basé sur un aperçu JPEG de l’image, il n’est donc pas le reflet correct de l’exposition finale après développement d’un fichier RAW. Sachez flirter avec la limite des hautes lumières brûlées sans en faire une règle absolue. La mise en surbrillance des hautes lumières cramées est une fonction complémentaire à l’histogramme; certains appareils permettent de choisir le seuil d’écrêtage.

Le mode AF-S conditionne l’exposition

Rappelons que le mode AF-S ou OneShot (chez Canon) mémorise la mise au point et l’exposition au moment du cadrage initial par simple pression à mi-course sur le déclencheur, avant recomposition de l’image dans le cadre. Selon le type de mesure de lumière choisi l’exposition peut être privilégiée sur une zone ou une gamme tonale de l’image. Vous constaterez vous même les résultats selon l’appareil utilisé, certains systèmes étant plus sensibles que d’autres à ce mode de fonctionnement. Plus la zone de mesure de lumière sera réduite et plus l’effet sera visible. Enfin vous pouvez paramétrer le comportement du mode AF-S, l’associer ou le dissocier de la mémorisation de la mesure de lumière pour utiliser la touche AF/AE Lock par exemple. Chacun trouvera à personnaliser son boîtier selon sa discipline : portrait, paysage, architecture, studio…