La photographie de plantes et d’insectes rassemble des techniques similaires. C’est un vaste monde de la photographie de nature qui peut se pratiquer en toutes saisons, en tous lieux. Découvrez quelques astuces pour plonger le nez dans l’herbe avec votre appareil photo.


PHOTOGRAPHIER LES FLEURS ET LES INSECTES

Le monde des plantes et des insectes est certainement le plus diversifié et le plus surprenant en variétés de formes et de couleurs. Les techniques pour les photographier sont similaire à l’exception près que la plante ne s’enfuie pas lorsqu’on l’approche. Les deux genres passent par plusieurs stades durant leur vie : œuf, larve et imago pour l’insecte, bourgeon, fleur et graine pour la plante… Ce qui amène le photographe à s’intéresser à des détails ou à un monde parfois minuscule et de pratiquer la macrophotographie ou même la microphotographie.

Si la photographie d’insectes est saisonnière dans nos contrées, les plantes, les champignons et les lichens peuvent se photographier toute l’année.

Un petit télé (100 à 200 mm) macro permet de photographier l’insecte ou la plante dans son environnement. Les accessoires comme les bonnettes ou les bagues allonge peuvent transformer un zoom pour la photo rapprochée.

On peut photographier ce petit monde sans connaissance spéciale d’entomologiste ou de botaniste. Pour une recherche plus ciblée il faudra se documenter sur l’habitat, la période favorable pour l’observation, les localités… Il existe des atlas régionaux ou des bases de données régionales, citons : l’Inventaire National du Patrimoine Naturel https://inpn.mnhn.fr et les sites de votre département ou de votre région. Regardez aussi s’il n’existe pas une réserve naturelle dans votre secteur. Pour localiser certains milieux : forêts, prairies, coteaux… la cartographie vous sera utile avec Maps et le site https://www.geoportail.gouv.fr avec de nombreux fonds cartographiques (topographie, vues aérienne, géologie…).

photographier les fleurs et les insectes

UN OBJECTIF MACRO ?

L’objectif macro est l’outil idéal pour flâner le nez dans l’herbe. Il permet d’obtenir un grossissement de 1/1 ce qui veut dire qu’un sujet de 1 mm sera représenté avec une taille de 1 mm sur le capteur. Une focale de 100 ou 150 mm permet de garder une certaine distance avec son sujet, ce qui est utile pour photographier les insectes. Une plus courte focale permettra de s’approcher et d’éviter les obstacles en avant plan, ce qui convient mieux pour les plantes. La grande ouverture à F/2,8 permet d’obtenir un beau bokeh avec un peu de dextérité. La stabilisation est un plus appréciable.

Vous trouverez la distance minimale de mise au point de votre objectif en utilisant le mode MF (mise au point manuelle) et en tournant la bague pour faire le point à la plus courte distance. Approchez vous ou éloignez-vous de votre sujet pour trouver le plan de mise au point. Avec une longue focale, il la bonne distance est plus difficile à trouver.

Des objectifs spécialisés ou spéciaux sont également disponibles comme le 65 mm Canon MP E autorisant un grossissement x5 ou l’atypique Zhongyi Mitakon 20mm avec un grossissement x 4.5.

LA PHOTO DE PLANTES

Ici tout est imaginable de la photo de pleine nature au studio, du plus petit au plus grand et même l’arbre dans le paysage au téléobjectif. Tout n’est pas permis pour autant entre la culture, le prélèvement ou la cueillette car certaines plantes bénéficient d’une protection totale. La photo de studio s’intéressera à montrer un aspect botanique ou esthétique particulier, souvent épuré avec un éclairage soigné. La création de lumière peut être assurée à l’aide de systèmes de flashes créatifs sans fil.

On peut également montrer une séquence de croissance à l’aide d’un intervallomètre et la technique du timelaps (vidéo accéléré réalisée à partir de photos).

On dit souvent qu’il faut mettre l’oeil (ou l’appareil) à hauteur du sujet. Vous serez parfois contraint de vous allonger et de travailler au ras du sol. Pour travailler confortablement vous pouvez utiliser un mini trépied ou un trépied sans colonne centrale et dont les branches s’écartent jusqu’au ras du sol. L’utilisation d’un rail macro facilite l’ajustement pour le cadrage ou la mise au point. Le « bean bag » (sac de haricots) permet de caler rapidement son appareil. Pour votre confort personnel vous pouvez utiliser un tapis de sol. Regardez l’endroit avant de vous installer de manière à ne pas écraser des plantes importantes et remettez de l’ordre dans les herbes aplaties à votre départ.

Il y a presque toujours des détails gênants en avant ou en arrière plan. On peut nettoyer (modérément) le décor en enlevant des brindilles superflues. Les puristes s’en offusqueront. Restons raisonnables et respectueux dans notre démarche mais il est plus facile de faire à la prise de vues ce qui prendrai beaucoup de temps à la retouche avec un résultat incertain.

Dans la nature, les forts grossissements sont délicats à réaliser. Du fait de la faible profondeur de champ, affinez votre mise au point en ciblant la partie de la plante à mettre en évidence. On privilégiera par exemple le devant du lobe d’une orchidée.

Attachez vous à montrer l’esthétisme de la plante, un instant de sa vie. Cherchez la bonne lumière, en tirant parti d’un contre-jour (ou d’un semi contre-jour) pour mettre en valeur la pilosité d’une tige ou la transparence d’une feuille. Si vous voulez du naturel, levez vous de bonne heure le matin !

FLASH DIFFUSEUR OU RÉFLECTEUR ?

De près le flash intégré est inutilisable sans recourir à un bricolage. Le flash annulaire se fixe sur le devant de l’objectif à l’aide d’une bague. Si la gestion du flash a été facilité par l’usage du TTL sans fil, il faut adapter l’éclair du flash à la scène photographiée. L’utilisation d’un flash augmente les risques d’ombre ou de brillance et il produit un effet peu naturel. Utilisez le correcteur d’intensité de l’éclair du flash pour réaliser un meilleur fil-lin (un savant équilibre de la lumière naturelle et de celle du flash).

Il peut être utile de diffuser la lumière en plaçant un matériau semi-translucide entre l’éclairage (soleil ou flash) et le sujet. Les ombres et les reflets s’en trouvent atténués.

Parfois renvoyer de la lumière avec un petit réflecteur doré ou argenté suffi à déboucher les ombres.

Optez pour des solutions simples à mettre en œuvre sur le terrain.

LA PHOTO D’INSECTES

La réalisation d’une photo d’insecte est conditionnée à son activité journalière ou à sa distance de fuite. Les insectes étant des animaux à sang froid, vous aurez plus de chance de les approcher au réveil, le matin « à la fraîche » et avec un bel éclairage. Dans la journée les insectes volants comme les papillons ou les libellules sont plus difficiles à saisir, occupés à trouver leur nourriture. On notera que certaines libellules affectionnent un perchoir en guise d’observatoire pour chasser.

Le mondes des insectes est fascinant et vous pourrez découvrir les techniques des spécialistes comme Stephen DALTON https://www.stephendalton.co.uk/index.html

Ou Ghislain SIMARD http://www.simpho.com/ , avec une longue vidéo technique mais instructive ici : https://www.youtube.com/watch?v=ztmGOH-AO_M

Ne perdez pas de vue que la capture et la manipulation temporaire peuvent être traumatisantes (ailes abîmées etc.) ou interdites. On peut bien sur trouver une mante religieuse docile ou attirer les papillons de nuit avec un drap blanc et une lampe. Gardez un esprit naturaliste et prenez plaisir à découvrir certains insectes et leurs plantes hôtes. Sachez profiter de l’émergence de la libellule avec l’exuvie ou la chrysalide du papillon… Même si cela prend du temps et même si les conditions de réussites sont parfois minces pour obtenir la belle image.

LE FOCUS STACKING

Le focus stacking est une technique d’empilement d’image capable d’accroître la profondeur de champ. La fonction est parfois intégrée au boîtier. La réalisation d’un focus stacking avec plusieurs dizaines d’image ou même la centaine suppose que le sujet soit complètement immobile, le plus souvent un animal (trouvé) mort.

LE VENT ENNEMI DE LA MACRO

En macro photographie est difficile de trouver le plan de netteté. L’opération se corse avec le vent qui fait bouger les tiges des plantes sur laquelle est posé l’insecte.

LE FLOU DE BOUGE

On photographie le plus souvent une plante ou un insecte pour en montrer les moindres détails. Du fait du grossissement, le risque de flou de bougé est plus important. Il vous faut maîtrise les réglages de votre appareil.

LE MODE RAFALE

Plus le rapport de grossissement est élevé et plu la profondeur de champ est minime. Le plan de mise au point est délicat à trouver à main levée. L’utilisation du mode rafale à cadence élevée permet de multiplier les chances d’avoir une bonne mise au point. Cela suppose un tri méthodique sur l’ordinateur.

LA ROSEE

La rosée naturelle est parfois recherchée. Le point de rosée peut-être calculé. Vous pouvez consulter le site https://www.meteociel.fr/ qui donne l’information du point de rosée et bien d’autres renseignements en temps réel. On oublie l’utilisation du vaporisateur qui donne des gouttes peu naturelles et néfastes en pleine journée.

N’oubliez pas que la photographie d’insectes ou de plante ne passe pas forcément par le gros plan. Les ambiances, les tons, la texture sont des éléments aussi importants que la composition. A vous de trouver votre style entre la photo documentaire et biologique, les flous et les couleurs.

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